ORPHÉE
Orphée,
poète thrace, amoureux, prêtre-initiateur, se fit donner plusieurs visages du
6e siècle avant J-C au 6e siècle après J-C. En tant que figure mythique, on le
considérait généralement fils de Oeagre, roi – ou dieu-fleuve – de Thrace, et
de Calliope, première des neuf muses dont le domaine était la poésie épique. On
représente Orphée vêtu de robes orientales aux longues manches, lesquelles sont
d’usage chez les officiers du sacerdoce Thrace, d’un bonnet phrygien, et d’une cithare,
dont il tour à tour pinçait de ses doigts les cordes ou faisait résonner de son
médiator. Malgré l’absence de sources premières sur ses origines ou sa
descendance, Diodore de Sicile soulignait que les prêtres égyptiens affirmaient
que c’était lui, ayant voyagé à travers l’Égypte, qui instaura les Mystères de
Démeter et de Dionysus en Grèce – lesquels sont similaires à ceux d’Isis et
Osiris – ainsi que le savoir sur l’au-delà. Les principaux récits sur Orphée se
concentrent sur trois
épisodes de sa vie: son expédition avec les Argonautes,
sa descente dans l’Hadès, et sa mort par démembrement, des récits de nature
allégorique signifiants pour la Tradition Ogdoadique. En plus de ces
témoignages provenant de la littérature classique, certains textes de l’Orphisme comportent également une importance centrale,
tels les Discours sacrés en 24 rhapsodies
– souvent utilisés par les auteurs néo-platoniciens – et desquels il ne nous
reste que des fragments, les 87 hymnes orphiques portant sur des
invocations et fumigations, ainsi que les lamelles d’or, petites tablettes
usées afin de donner des instructions théurgiques aux initiés décédés et qu’ils
puissent effectivement devenir des dieux dans l’au-delà.






